19h30. Bien que l'heure légale - un mythe que personne n'a jamais rencontré ici - se situe aux alentours de 18h30, difficile de partir avant d'avoir géré les affaire courantes. Comme il faut bien justifier son salaire, vous faites avancer vos projets jusque 19h30, soit 11 heures après avoir franchi la porte de votre bureau ce matin, puis retournez dans le métro, qui vous déposera 30 mn plus tard dans votre quartier.
La fin de journée idéale : Toujours grâce à votre bon rythme de la journée, et profitant que votre boss est en rendez-vous à l'extérieur, vous partez vers 18h45 boire un verre avec un copain qui ne travaille pas très loin. Après un demi, métro, et le temps de passer à la Poste chercher un recommandé sans faire la queue une heure, de faire quelques courses, de préparer à manger, de discuter avec votre chère et tendre et de bouquiner quelques pages, il est 23h00, heure raisonnable pour songer à amorcer votre nuit de repos et anticiper un réveil confortable en compagnie de Nicolas Demorand demain matin.
La fin de journée qu'on aimerait éviter : Vos yeux vous piquent et, malgré votre 31ème café de la journée, vous sentez que vous fatiguez. Il est 19h30 et il vous reste au moins quatre heures de boulot si vous voulez sauver votre peau et éventuellement votre place (quant à votre prime, vous avez plus de chances de croiser le Yéti à la boulangerie que d'en toucher une avant le siècle prochain). Vos mains tremblent - le café sans doute - et ça vous fait perdre du temps, mais vous sentez le regard sombre de votre directeur dans votre dos, et vous vous demandez si Marchiani est finalement le plus dangereux des deux. Impossible de rattraper trois semaines de retard en une journée, mais vous devez sauver les meubles, et c'est à 23h30 que vous abandonnez votre bureau, après avoir affirmé à votre boss que "non, il n'y a aucun problème, de toute façon je n'avais rien prévu ce week-end donc autant en profiter pour avancer sur ce dossier, 12 heures de boulot samedi et 12 heures de boulot dimanche devraient nous permettre de nous remettre à flot et calmer notre ami niçois".

Arrivé chez vous après vous être rassasié sur votre chemin d'un savoureux kebab huileux et généreusement garni de frites toujours surgelées, vous titubez vers votre lit sans avoir le courage de repasser une chemise pour demain, et vous vous couchez à 01h03 en pensant au meilleur moyen d'annoncer à votre chère et tendre, endormie depuis longtemps, que le week end prochain et votre escapade amoureuse à Dubrovnik planifiée de longue date risque de se faire sans vous...