lundi 12 janvier 2009

2009 à la coque



Pour une nouvelle année originale, faites comme Jean Le Cam, navigateur du Vendée Globe. Prenez un bateau et allez vous promener du côté du Cap Horn. Chavirez, retournez votre embarcation et montez sur la coque pour rester au sec. Attendez 3 minutes...

Ciao, et meilleurs voeux.

mercredi 12 novembre 2008

Retour de piste : le jour de la marmotte (5)

19h30. Bien que l'heure légale - un mythe que personne n'a jamais rencontré ici - se situe aux alentours de 18h30, difficile de partir avant d'avoir géré les affaire courantes. Comme il faut bien justifier son salaire, vous faites avancer vos projets jusque 19h30, soit 11 heures après avoir franchi la porte de votre bureau ce matin, puis retournez dans le métro, qui vous déposera 30 mn plus tard dans votre quartier.

La fin de journée idéale : Toujours grâce à votre bon rythme de la journée, et profitant que votre boss est en rendez-vous à l'extérieur, vous partez vers 18h45 boire un verre avec un copain qui ne travaille pas très loin. Après un demi, métro, et le temps de passer à la Poste chercher un recommandé sans faire la queue une heure, de faire quelques courses, de préparer à manger, de discuter avec votre chère et tendre et de bouquiner quelques pages, il est 23h00, heure raisonnable pour songer à amorcer votre nuit de repos et anticiper un réveil confortable en compagnie de Nicolas Demorand demain matin.

La fin de journée qu'on aimerait éviter : Vos yeux vous piquent et, malgré votre 31ème café de la journée, vous sentez que vous fatiguez. Il est 19h30 et il vous reste au moins quatre heures de boulot si vous voulez sauver votre peau et éventuellement votre place (quant à votre prime, vous avez plus de chances de croiser le Yéti à la boulangerie que d'en toucher une avant le siècle prochain). Vos mains tremblent - le café sans doute - et ça vous fait perdre du temps, mais vous sentez le regard sombre de votre directeur dans votre dos, et vous vous demandez si Marchiani est finalement le plus dangereux des deux. Impossible de rattraper trois semaines de retard en une journée, mais vous devez sauver les meubles, et c'est à 23h30 que vous abandonnez votre bureau, après avoir affirmé à votre boss que "non, il n'y a aucun problème, de toute façon je n'avais rien prévu ce week-end donc autant en profiter pour avancer sur ce dossier, 12 heures de boulot samedi et 12 heures de boulot dimanche devraient nous permettre de nous remettre à flot et calmer notre ami niçois".

Arrivé chez vous après vous être rassasié sur votre chemin d'un savoureux kebab huileux et généreusement garni de frites toujours surgelées, vous titubez vers votre lit sans avoir le courage de repasser une chemise pour demain, et vous vous couchez à 01h03 en pensant au meilleur moyen d'annoncer à votre chère et tendre, endormie depuis longtemps, que le week end prochain et votre escapade amoureuse à Dubrovnik planifiée de longue date risque de se faire sans vous...

vendredi 17 octobre 2008

Retour de piste : le jour de la marmotte (4)

12h20. Pause déjeuner. Histoire d'éviter la foule, vous partez un peu avant 12h30 pour vous acheter un sandwich et prendre quelques minutes pour manger dehors. Après vous être fait délester de la somme raisonnable de 10,50€ pour un sandwich, un dessert et une bouteille d'eau, vous vous rendez au petit square du coin, le Jardin des Tuileries.

Le déjeuner idéal : Toujours ce grand soleil, mais avec un légère brise rafraichissante. Arrivé aux Tuileries, vous repérez immédiatement une chaise libre, sur laquelle vous vous installez pour manger au calme en regardant les touristes prendre des photos. Vu que vous avez bien avancé ce matin, vous prenez votre temps et lisez quelques pages de votre bouquin en finissant votre bouteille de San Pellegrino.

Le déjeuner qu'on aimerait éviter : Pas le temps de sortir déjeuner sous peine de voir votre patron, accompagné des hommes de main de Marchiani, vous pendre en public à un arbre du jardin des Tuileries. Votre estomac vous signifiant que, finalement, la bière de la veille ne vous permettra pas de tenir la journée, vous sortez vers 13h acheter un sandwich à la boulangerie la plus proche, Rue St Honoré, connue pour son rapport qualité/prix inversé imbattable. Après 30 minutes de queue, vous ressortez avec un sandwich jambon-beurre sans beurre d'il y a 3 jours et une canette de Coca pour votre léger état nauséeux, le tout acquis au prix record de 11,20 euros, que vous allez pouvoir savourer assis à votre bureau en tapant sur votre clavier d'ordinateur votre message de plates excuses à Mr Marchiani.

lundi 8 septembre 2008

Retour de piste : le jour de la marmotte (3)

8h35. Comme tous les matins, le quartier difficile dans lequel vous travaillez porte les stigmates de la violence urbaine de la nuit : carcasses de Jaguars brulées, vitrines Dior fracassées, bouteilles de Moet&Chandon éparpillées sur le trottoir. Vous marchez les cinq minutes qui vous séparent de l'immeuble de votre entreprise en fixant l'obélisque de la Concorde et franchissez la porte.

Le matin idéal, suite: Le temps de prendre un petit café en discutant avec vos collègues, vous vous installez à votre PC pour vous rendre compte que votre client difficile du sud vous a envoyé un mail pour vous signifier toute sa satisfaction quant à votre gestion du projet Marchiani Business Optimum System, avec votre directeur en copie. Directeur en question qui vous couve de son regard admiratif, vient vous serrer la main jusque dans votre bureau et vous tape sur l'épaule d'un air entendu. C'est bien parti pour la prime annuelle.

Le matin qu'on aimerait éviter, suite : Vous poussez discrètement la porte à 9h23, en espérant que personne ne notera votre arrivée tardive, votre teint blafard et vos yeux rouges. Raté, votre boss vous cherche depuis une heure et demi (il a du se lever en même temps que Nicolas Demorand) et vous explique la mine sombre qu'il a reçu un coup de fil matinal du Directeur de Marchiani Associés le menaçant, lui et toute l'équipe, de "nous mettre un parpaing au pied et nous envoyer nager la brasse au large de la baie des anges de Nice", dont il est originaire, si le projet sur lequel vous travaillez ne rattrape pas ses trois semaines de retard.


Ps. Bienvenu aux petits nouveaux : Gabriel à Bordeaux, Charlie à Paris et peut-être Flo JR à Lyon?

lundi 1 septembre 2008

Retour de piste : le jour de la marmotte (2)

8h10. Ayant une fois de plus réussi à prendre votre café sous la douche tout en vous brossant les dents et en nouant votre noeud de cravate, vous sortez rejoindre la station de métro qui vous convoiera avec d'autres bons élèves du capitalisme laborieux vers votre lieu de travail.

La matin idéal : Cinq minutes de marche sous un beau soleil, vous êtes un peu en avance et évitez de quelques secondes la transhumance matinale qui voit l'ensemble des habitants de Paris et sa région se déplacer d'un point à un autre en moins d'une heure.

Le matin qu'on aimerait éviter : En sautant l'étape petit-déjeuner - pas très faim de toute façon, vous avez suffisamment de bière dans le ventre pour tenir toute la journée - et en faisant aussi vite que possible, vous sortez de la douche à 8h32 pour vous rendre compte que vous n'avez pas de chemise repassée. La même qu'hier? Sortir la table à repasser? A 8h46, après avoir enfilé votre chemise d'avant hier et en espérant ainsi flouer l'œil averti de vos collègues, vous foncez vers le métro, où vous constatez que Paris est effectivement une grande ville, aux habitants nombreux et au réseau de transports en commun sans doute sous-dimensionné.

lundi 25 août 2008

Retour de piste : le jour de la marmotte (1)

7h25. Comme tous les jours, Nicolas Demorand s'est levé avant vous, et tout roule pour lui : les infos de 7h30 sont pour bientôt, 7h30 à priori. Déjà culpabilisé par votre envie de trainer, vous quittez votre lit douillet et mettez la machine en route. Plus qu'une heure avant de retrouver votre siège tournant de la Rue Royale.
En bas de chez vous, sur le boulevard le plus fréquenté de la capitale, les klaxons incessants vous aident à ne pas relâcher le rythme imposé par votre radio qui enchaine sans répit les chroniques et vous rappelle que l'heure tourne.

Le matin idéal : Repu de sommeil et porté par votre hygiène de vie, vous bondissez du lit à 7h25'01" et trouvez que ce bon vieux Nicolas a l'air fatigué ce matin.

Le matin qu'on aimerait éviter : la voix de l'animateur de France Inter, qui vous parvient brutalement à 8h12, vous rappelle étrangement celle du tenancier de votre bar préféré quand il vous proposait la veille, vers deux heures du matin, "la tournée du patron" pour vous récompenser, vous et vos amis, de votre performance consumériste en matière de boisson houblonnée.

dimanche 17 août 2008

Retour de cadran

Si "Le temps, c'est de l'argent", alors je suis passé en quelques semaines du statut de flamboyant millionnaire à celui d'humble mendiant... L'épreuve du retour est finalement dans le temps qui file, qui ne vous appartient plus, qui devient denrée rare et ne s'offre à vous que l'espace d'un week-end end, d'un jour férié, d'une fin d'après-midi où on arrive à s'échapper de son bureau.

Le voyage, espace de liberté, du temps dense, malléable et disponible que l'on sent couler sur soi entre déambulations, parcours touristiques et moments de paresse. De la fenêtre de mon bureau des beaux quartiers parisiens, le plus cruel ne serait pas de voir s'étaler de tentateurs temples khmers ou pyramides aztèques, d'entendre passer de vénérables bus poussiéreux et cahotants ou d'exotiques vendeurs ambulants de merveilles culinaires qu'on paye avec des billets à quatre chiffres, le plus cruel serait de savoir que je n'ai pas le temps de profiter de tous ces dépaysements à portée de main.
Dire qu'il y a un an je m'écœurais de cuisine indienne, en sueur dans l'atmosphère chaude et humide de Bénares et spectateur incrédule du bordel spirituel ambiant.

"Il est gonflé celui là. Il en a profité un an, et il essaye de nous tirer des larmes de son "difficile" retour à une vie normale". Des larmes, même de crocodile, non, mais c'est vrai que le mot retour est étonnamment polysémique, et il vient de prendre un nouveau sens avec ma reprise du travail. Est ce que la prochaine transformation de ce mot à tiroirs ne serait pas sa disparition, le départ étant devenu trop lointain pour impliquer une quelconque notion de retour?

Je triche en promenant mon sac dès que l'occasion se présente, sous la pluie dans les ruelles médiévales du Mont Saint-Michel, au soleil, ou plutôt à l'ombre, aux terrasses des paillotes des plages perpignanaises, et pendant les éclaircies dans le jardin paternel meusien. On ne se laisse pas abattre.

Ciao.

Photos. Plage de Torreilles et petite place du centre-ville, Perpignan